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Hier j'ai eu un long échange avec un organisateur de salons du livre dans l'Orne. Auteur lui-même il est publié chez des "grands" ( Plon, entre autre ). Il m'a fait part de son analyse qui rejoignait la mienne après un expérience locale.

Son éditeur avait prévu un salon du livre et des vedettes des médias avaient été pressenties. Bons ou mauvais écrivains mais sensés attirer le chaland. Un chanteur très connu, qui a écrit sur les vins et la cuisine a été invité à ce salon. Vraisemblablement payé pour venir et défrayé de ses dépenses , contrairement aux auteurs moins visibles qui paient leur présence en plus de leur temps.

Les clients ont envahi le stand de la vedette, faisaient la queue et pas un, oui pas un, n'a daigné aller parler aux auteurs présents ...repartis bredouilles sans un chapeau de vendu .

Mon interlocuteur ayant vu ce phénomène se reproduire plusieurs fois, il a décidé d'organiser lui-même des salons où il n'y aurait pas de hiérarchie entre les écrivains présents. Il a même prévu de les organiser en plein centre d'une petite ville, près du marché dominical , parce que les "locaux" profitent de leurs courses pour venir faire un tour au salon .

Tout cela me fait penser à un récent festival organisé par un éditeur. Il est évident que les auteurs "invités" ( payant 30€ ) étaient là pour servir la soupe à ses écrivains.

Il suffisait de lire la publicité pour savoir que les vedettes seraient les ...vedettes et que le menu fretin, dont le nom n'apparaissait nulle part , resterait dans son coin . A moins que certains se montrent et parlent de leurs compétences grâce à la complicité de "vedettes" pas dupes.

Lors du salon, toujours pas de noms d'auteurs sauf en bas de page d'un panneau extérieur. Et comme on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même, les peintures des éditeurs et des proches étaient accrochés aussi en premier plan  et ils profiteront des photos de presse.

Le journaliste du quotidien "Paris Normandie" , d'envergure régionale n'a photographié que les éditeurs et ses auteurs , négligeant , malgré des demandes répétées de s'intéresser aux invités qui servent d'alibi par leur nombre.

Il est d'usage que les salons prévoient un pot, un apéritif d'accueil , un café-viennoiseries pour les auteurs et les accompagnants. Là , c'était un cocktail sur invitation qui a drainé les amis des amis, les élus qui n'ont rien à faire des écrivains installés un peu plus loin.

Résultats du week-end : des ventes très réduites et même plus que ça. Certains ont parcouru des kilomètres (de Belgique, de Paris, du Périgord, etc ) pour rien.

Le positif : pas de lecteurs , pas de clients donc du temps pour aller écouter les conférences , aller au théâtre et assister aux lectures par des comédiens. Là encore, l'éditeur a su se placer et capter l'attention ,surtout sur ses édités.

Quand vous remarquez que c'est un salon sans visiteurs, "on " vous répond que ce n'est pas un salon du livre mais un festival ...  "On " a pourtant bien vendu et signé des autographes !

Un lieu d'accueil huppé, des difficultés de stationnement, un festival qui n'est qu'un faire valoir de l'organisateur au mépris des autres ... Pourquoi prévoir des auteurs autres que les leurs ?

Naïveté ou perversité ? Je ne sais pas sauf que si j'étais un auteur pas encore très notoire, je n'y poserai plus les pieds. Ce que beaucoup d'entre eux ont dit !

L'aviez-vous vu comme ça ?

 Violette

 

Visionneuse-CPI-2643-01