Safi, Asfi
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Safi au Maroc est la ville natale de Monsieur Sakura et celle où il a vécu 40 ans .
Plusieurs d'entre vous se sont manifestées auprès de nous lors d'un terrible déluge à mi décembre qui a inondé le bas de la ville le long de la rivière Chaâba. Merci à vous pour votre soutien.
Nous déplorons le décès de trois de nos relations, une céramiste, un bijoutier et un musicien. Il y aurait 37 victimes.
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Notre famille qui vit dans des quartiers périphériques de la ville a été épargnée.
Sur une carte de Safi , on voit le tracé de l'oued en blanc et bleu et, en rouge la vieille ville, le mausolée, la médina , la colline des potiers aux maisons anciennes.
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Tous les commerces et les ateliers sont gravement impactés , sans oublier les drames humains.
Karim m'a parlé de son père qui relatait de précédentes inondations. Une de ses amies universitaires a présenté une thèse sur ces évènements du passé.
"Depuis des siècles, l’Oued Chaâba hante la mémoire de Safi. Ses crues imprévisibles ont façonné l’Histoire de la ville, entre peur, destruction et récits transmis de génération en génération. Chaâba, une démonstration grandeur nature de la puissance de la mémoire des eaux." Hayat Kamal Idrissi
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Bien avant les inondations de ce dimanche 14 décembre 2025, Safi vivait déjà sous la menace de l’eau. Celle de l’Oued Chaâba, capricieuse et redoutée, a marqué la mémoire de la ville par ses crues soudaines. Des siècles durant, ce cours d’eau venu de l’est a semé la terreur, laissé des ravins béants et gravé dans la mémoire collective des épisodes de destruction aujourd’hui consignés par les historiens.
La mémoire des eaux
L’histoire de Safi est indissociable de celle de l’Oued Chaâba. Le mot « assif », d’origine amazighe et signifiant « rivière », n’est pas étranger à l’identité de la ville et à son nom. Il renvoie à son implantation en aval du cours de cette rivière, à proximité immédiate de son embouchure, voire en plein cœur de celle-ci. Un choix géographique lourd de conséquences.
Car cette « rivière indomptable », comme la qualifie l’historien Mohamed Majdoub, n’a jamais été un simple cours d’eau paisible. Dans « Hasilat Ettaharryat al Atarya bi Mantaqat Abda al Koubra » (Histoire de la Province de Safi, des temps anciens au temps moderne. Cahiers des Doukkala-Abda), il rappelle que l’Oued Chaâba, « par ses crues inattendues qui emportaient tout sur leur passage, est resté, à travers les âges, objet de terreur et d’inquiétude pour les habitants ».[...]
Des crues à répétition
Si les crues les plus anciennes échappent parfois à la datation précise, celles des trois derniers siècles sont bien documentées et témoignent de leur violence et de leur fréquence. Le fquih* Al Kanouni a consigné plusieurs de ces cataclysmes, laissant des récits saisissants. Il relate notamment une nuit du mois de Dhou Al-Hijja de l’an 1057 de l’hégire (1647). Après la prière d’icha, écrit-il, une crue s’engouffre par Bab **Chaâba et inonde la ville. [...]Les remparts côté mer cèdent, les boutiques sont ravagées, et un ravin se creuse entre Bab Chaâba et la mer, visible jusqu’en 1650 et franchi par les riverains via un pont.
Un autre épisode dramatique survient en 1205 de l’hégire (1791). En pleine nuit, un vent violent et des pluies diluviennes provoquent une inondation massive. Le courant fracasse la porte de Bab** Chaâba, emporte les portes des boutiques et détruit les marchandises. Le bilan est lourd : « plus de cent morts, hommes et femmes », écrit Al Kanouni, évoquant des pertes matérielles considérables.
*Fquih = prieur
** Bab=porte
Source de danger
En 1272 de l’hégire (1855), une nouvelle crue submerge Safi. Les boutiques des potiers, armuriers, cordonniers et épiciers sont dévastées, les céréales et les biens anéantis. L’eau de pluie se mêle à celle de la mer, contraignant les habitants à se déplacer en barques. Cette inondation restera connue sous le nom de « Aïsout », du nom de sa seule victime humaine, un juif, précise le chroniqueur.
Même au XXᵉ siècle, l’Oued Chaâba continue de frapper. En 1346 de l’hégire (1927), un courant violent traverse la ville, pénètre dans la Grande Mosquée, la médersa*** voisine et la zaouïa ****Naciria. Des personnes étrangères à la ville périssent. Al Kanouni parle d’une « catastrophe terrible » et d’une « désolation totale ». Ces témoignages se concordent : à travers les siècles, l’Oued Chaâba a été une source permanente de danger.
***Medersa = école coranique
**** Zaouia = lieu de rassemblement soufi
Ses crues imprévisibles ont nourri les discussions, les peurs et les récits des habitants de Safi, qu’ils soient résidents de longue date, de passage, ou issus des populations amazighes qui utilisaient le terme « assif ». Que l’origine du nom de la ville soit directement liée ou non à cet oued, une certitude persiste : le souvenir de « l’assif » et de ses colères n’a jamais quitté la mémoire collective des Safiots." in L'Observateur.info par Hayat Kamal Idrissi
Merci encore !
Violette et Karim
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